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vendredi 13 juin 2014

Reconstruction mammaire

Reconstruction mammaire

Avant-propos

La présente ne vise surtout pas à remplacer les consultations médicales du Centre de médecine et chirurgie esthétique. Pour disposer d'un maximum de renseignements et bien comprendre les informations contenues dans cette page web, les femmes doivent en discuter avec notre chirurgien esthéticien. En raison de la complexité du sujet et des études continuelles dans le domaine, il importe de souligner que le contenu de cette page n'est qu'un guide complémentaire. Il ne faut en aucune façon la considérer comme solution de remplacement à une consultation personnelle et complète avec notre chirurgien esthéticien.

Deux types de mammoplasties avec prothèses

Les mammoplasties avec prothèses s’appliquent à deux cas types : l’augmentation du volume des seins pour des raisons d'ordre esthétique et la reconstruction des seins à la suite d’une malformation de naissance ou de l’ablation d’un sein cancéreux. Les seins symbolisent pour la plupart des femmes, la féminité. Ils peuvent également être une zone érogène de grande importance. Cependant lorsque cette partie du corps est affectée la femme a l'impression que le monde s'écroule autour d'elle et cela est particulièrement vrai en ce qui concerne l'expression de sa sexualité. Cette page web traite de la reconstruction mammaire avec prothèse. Pour des renseignements relatifs à l'addition mammaire (augmentation du volume des seins), nous vous recommandons de consulter notre section "augmentation mammaire".

Prothèses mammaires

Toute prothèse mammaire vendue au Canada doit satisfaire aux exigences du Règlement sur les instruments médicaux.
Afin de répondre aux préoccupations relatives aux risques pour la santé et de permettre aux fabricants de prothèses de se conformer aux normes de production exigées, la vente d’implants mammaires contenant du gel de silicone a été suspendue.
Il est important de savoir que les études scientifiques, à ce jour, n’ont démontré aucun lien causal entre les implants au silicone et les pathologies de cancer du sein, les maladies auto-immunes ou d’autres maladies systémiques.
Les prothèses vendues au Canada jusqu'en 1992 se rangeaient dans les quatre groupes suivants :
1. Prothèse gonflable remplie de sérum physiologique (eau salée), temporaire ou permanente – II s’agit d'une enveloppe de silicone lisse que l’on gonfle en y injectant une solution physiologique (eau salée). Dans le cas d’une prothèse permanente, on obtient immédiatement l'augmentation esthétique souhaitée.
 
En ce qui a trait à la prothèse temporaire - ou prothèse d'expansion -, la technique utilisée procède de la chirurgie reconstructive. Cette prothèse, en silicone lisse comme l'autre, est munie d'une valve par laquelle on injecte à intervalles réguliers une certaine quantité de sérum physiologique. Ceci permet d'étirer progressivement la peau et d’obtenir le galbe et le volume désirés. La prothèse temporaire est ensuite remplacée par une prothèse permanente.
2. Prothèse à surface lisse remplie de gel de silicone – Cette prothèse, offerte depuis la fin des années soixante, est faite d’une enveloppe externe de silicone, remplie de gel de silicone. Relativement à cet implant, on a relevé un taux élevé de formation de capsule fibreuse, des cas de suintement du gel de silicone hors de l’enveloppe et de rupture de l’implant. Cette prothèse n’est plus vendue au Canada depuis 1991.
3. Prothèse remplie de gel de silicone et recouverte de mousse de polyuréthane. – Ces prothèses furent très populaires dans les années quatre-vingt. Elles présentaient un faible taux de durcissement de la coque fibreuse et donnaient une texture « naturelle » aux seins.
Cependant, on a avancé que l’enveloppe externe de mousse de polyuréthane risquait de se dégrader et de former une substance reconnue comme cancérigène chez les animaux de laboratoire. À ce jour, il n’existe aucun lien connu entre cette prothèse et le cancer chez l’humain. Cette prothèse n'est plus offerte au Canada depuis 1991.
4. Autres types de prothèses – II existait des prothèses à double paroi, une enveloppe interne remplie de gel de silicone et une enveloppe externe contenant une plus ou moins grande quantité de sérum physiologique.
Ces prothèses ont également été retirées du marché.

Les prothèses de l'avenir

Des études en laboratoire et en clinique sont en cours pour obtenir un matériau durable, pouvant donner une texture naturelle aux seins, et un matériau de remplissage qui ne serait pas nocif s’il se répandait dans les tissus.
A ce jour, on a procédé à des essais avec de l’amidon, des polysaccharides et de l’huile de soya.

Recherche

Nous ne disposons que de connaissances incomplètes sur les conséquences à long terme de l’utilisation des prothèses, comme c’est le cas pour la plupart des instruments médicaux.
C’est pourquoi plusieurs études scientifiques sont en voie de réalisation (par exemple des études visant à préciser davantage la durée utile des prothèses mammaires).

Les prothèses mammaires et le cancer du sein

Des études ont révélé que le risque de cancer du sein n’est pas plus élevé chez les femmes porteuses de prothèses que chez celles qui n’en portent pas. Étant donné qu’une femme sur neuf environ (porteuse ou non de prothèses) aura un cancer du sein, vous devez pratiquer chaque mois l’auto-examen des seins. Notre chirurgien esthéticien vous expliquera la façon de procéder. Un examen annuel des seins est aussi fortement recommandé. En outre, toutes les femmes de plus de cinquante ans (qu'elles soient porteuses ou non de prothèses) doivent passer une mammographie tous les deux ans – et si vous portez des prothèses mammaires, vous devez le signaler à notre radiologiste.

Les prothèses mammaires et la grossesse

La quantité de silicone qui peut s’échapper d’une prothèse et filtrer dans le lait maternel est infime – certains chercheurs disent même qu’il n’y en a pas du tout. Une étude scientifique a démontré que le taux de silicone présent dans les mélanges lactés pour enfants est de beaucoup supérieur à celui qu’on a trouvé dans le lait maternel de certaines femmes qui portent des implants mammaires. Par conséquent, une mère qui a des prothèses et qui allaite son nourrisson ne met pas la vie de son enfant en danger.

COMPLICATIONS POSSIBLES

Nota II est évident que cette page web ne traite pas de toutes les connaissances médicales sur la reconstruction mammaire. Le texte suivant ne dresse pas non plus une liste exhaustive de toutes les complications possibles. Notre chirurgien esthéticien se fera un plaisir de répondre à toutes les questions que vous vous posez à propos de ce type d'intervention.

Risques connus

Hématome: Il s’agit d’une accumulation de sang autour de la prothèse. Cette complication survient dans environ 1% des cas apparaît habituellement quelques heures seulement après l’intervention (rarement au-delà de quarante-huit heures). L’hématome se manifeste par le gonflement d’un sein (rarement des deux), et ce gonflement peut s'accompagner de douleurs, parfois même d'un bleuissement de la peau. Notre chirurgien esthéticien donnera le traitement approprié.
Infection: L’infection se manifeste par une sensation de chaleur, une rougeur et une douleur au sein. En cas d’infection, le chirurgien prescrit le traitement approprié. Si ce traitement se révèle inefficace, il faut parfois enlever la prothèse pour guérir complètement l’infection. Une autre prothèse peut être replacée quelques mois plus tard. Le risque d'infection semble être le même quel que soit le type de prothèse utilisé : entre 1 et 2%.
Ouverture de l’incision: Certaines complications, comme un hématome ou une infection, peuvent provoquer l’ouverture de l'incision. Cependant, cela se traite assez facilement. Dans certains cas, il faut enlever la prothèse pour laisser guérir la plaie. Une nouvelle prothèse peut être remise en place plus tard.
Ulcération de la peau et exposition de la prothèse: Ce genre de complication est très rare et se rencontre surtout chez les femmes ayant subi une mastectomie sous-cutanée (ablation du sein) ou des traitements de radiothérapie pour un cancer du sein. Il faut habituellement retirer la prothèse.
Changement de la sensibilité des mamelons: Il s’agit d’un phénomène habituellement transitoire. Sauf dans de rares exceptions, la sensibilité normale revient au bout de quelques mois.

Durcissement des seins (rétrécissement cicatriciel)

Toute prothèse est un corps étranger autour duquel se forme une coque fibreuse. Ce tissu cicatriciel peut avoir tendance à se rétrécir et, de ce fait, à comprimer la prothèse – ce qui donne l’impression que le sein est dur. On a noté la présence de calcifications dans le tissu cicatriciel plusieurs années après la chirurgie. Ces dépôts peuvent endommager la prothèse ou gêner l’examen des seins.
Le durcissement (voir schéma ci-dessous) peut se manifester dans 10 à 40% des cas et susciter du mécontentement. Parfois, le durcissement apparaît peu de temps après l’intervention et peut survenir d’un côté seulement ; dans d’autres cas, il n’apparaît que bien des années après l’opération. Le degré de durcissement varie : dans certains cas, il est à peine perceptible, dans d’autres, il est très prononcé et peut causer des douleurs, voire même entraîner le déplacement de la prothèse. Il existe néanmoins divers procédés thérapeutiques. La technique consistant à exercer une pression externe sur le sein (capsulotomie fermée) ne s’utilise presque plus, car on risquerait de provoquer une rupture de la prothèse ou un hématome. La capsulotomie ouverte est un procédé chirurgical qui permet de relâcher la coque fibreuse. Le durcissement du sein peut toutefois se reproduire.
 

Rupture

Il peut y avoir rupture des prothèses mammaires. Aucune prothèse synthétique, malgré les progrès techniques, n’est garantie pour la vie. Les prothèses peuvent toutefois être remplacées au besoin.
- Prothèse GONFLABLE – La rupture de l’enveloppe cause le dégonflement de la prothèse. L’eau salée, contenue dans les prothèses, est absorbée par les tissus avoisinants – ce qui n’est pas nocif pour la santé.
- Prothèse REMPLIE DE GEL DE SILICONE – Le suintement du gel de silicone au travers de l’enveloppe externe de la prothèse, même si celle-ci est intacte, ou la rupture de la prothèse peuvent entraîner l’écoulement du silicone dans les tissus environnants ; dans de rares cas, le silicone peut même migrer dans des régions plus éloignées, comme les ganglions lymphatiques à l’aisselle. En cas de rupture de la prothèse, la majeure partie du gel de silicone demeure à l’intérieur de la coque fibreuse qui entoure la prothèse. Dans de telles circonstances, il se peut – quoiqu’une telle éventualité soit plutôt rare – que le silicone s’écoule par les mamelons. La présence de silicone dans le corps n’entraîne pas nécessairement une réaction ou une maladie.
Rares sont les laboratoires qui peuvent déceler la présence de silicone dans le corps humain, et les résultats de ces tests sont difficiles à interpréter. Même si l’on détecte des traces de silicone, il est impossible d'en déterminer la source, c’est-à-dire qu’on ne peut préciser si la présence de silicone est due à la rupture de la prothèse ou au suintement au travers de l’enveloppe d’une prothèse intacte, ou encore si le silicone provient d’aliments, de boissons, de médicaments ou de cosmétiques.
Maladies auto-immunes:
Récemment, on a émis l'hypothèse que certaines maladies auto-immunes (lupus érythémateux, sclérodermie, polyarthrite rhumatoïde) seraient liées au silicone. A ce jour, aucune preuve scientifique ne permet d’avancer que les femmes porteuses de prothèses remplies de gel de silicone sont plus menacées que les autres. De nombreuses études sont toujours en cours pour mieux vérifier cette hypothèse.

Nouvelle intervention

En cas de rupture, les prothèses peuvent être remplacées. Il n'existe pas encore d’examen d’imagerie diagnostique qui permette au médecin de s’assurer à cent pour cent de l’intégrité de la prothèse. Toutefois, la mammographie, l’échographie, la tomodensitométrie ou la résonance magnétique peuvent être utiles si l'on pense qu’il y a eu rupture. Les prothèses peuvent aussi être remplacées en cas de durcissement ou d’asymétrie, ou lorsque la patiente n'est pas satisfaite du volume de sa poitrine.

Coûts

Au Québec, en ce qui a trait aux frais inhérents à des complications survenues à la suite d’une mammoplastie d’ordre esthétique, renseignez-vous auprès de votre régie d’assurance-maladie. En ce qui concerne la reconstruction mammaire postmastectomie, les frais reliés à cette chirurgie et aux complications qui peuvent en découler (hématome, infection, enlèvement de la prothèse, etc.) sont habituellement couverts.
Cette page web d'information ne vise surtout remplacer les consultations de notre chirurgien esthéticien. Pour maximum de renseignements  et bien comprendre les informations contenues dans cette page, les femmes doivent en discuter avec notre chirurgien esthéticien. Toutes les femmes qui ont des prothèses mammaires se doivent de savoir quel type de prothèses elles portent.

lundi 19 mai 2014

Reconstruction mammaire : la technique DIEP

Il existe différentes techniques de reconstruction du sein après ablation de celui-ci. Une de ces techniques est celle dite du lambeau DIEP (Deep Inferior Epigastric Perforator). Quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Zoom sur la technique DIEP avec le Pr Véronique Duquennoy-Martinot, chef du service de chirurgie plastique reconstructrice au CHRU de Lille.
La technique DIEP permet de reconstruire les seins, sans prothèse, à partir d'une autogreffe de tissu abdominal. Elle donne de très beaux résultats esthétiques mais elle demande cependant une chirurgie lourde.

Reconstruction mammaire : technique du lambeau DIEP

reconstruction mamaire

"La technique du lambeau DIEP consiste à prendre de la peau, de la graisse et des vaisseaux (artère et veine) sous et autour de l'ombilic pour reconstruire un volume mammaire après une mastectomie", explique le Pr Duquennoy-Martinot. "Ces vaisseaux qui vascularisent le lambeau sont ceux qui traversent le muscle du grand droit abdominal, d'où leur nom de vaisseaux perforants. Ils traversent le muscle pour venir dans la chair péri-ombilicale expliquant le nom de la technique Deep Inferior Epigastric Perforator Flap, ou lambeau des perforantes épigastriques inférieures", précise-t-elle. "Ce lambeau prélevé est un tissu que l'on déplace et dont on "rebranche" les artères et les veines au niveau du sein lors d'une opération de microchirurgie réalisée sous microscope opératoire". L'indication principale de la technique DIEP est la reconstruction mammaire, mais elle peut être réalisée dans d'autres indications.

Technique de reconstruction mammaire DIEP : avantages et inconvénients

LES AVANTAGES DE LA TECHNIQUE DIEP

"L'avantage principal de cette technique est que pratiquement toutes les femmes ont assez de ventre pour qu'on puisse prélever ce tissu", indique le Pr Duquennoy-Martinot. "En outre, la peau à cet endroit est de bonne qualité, de même couleur et de même texture que celle du sein", ajoute-t-elle, soulignant que l'"on obtient souvent un très bon résultat esthétique !". Le deuxième grand avantage de cette technique est que "c'est une reconstruction autologue (greffe des tissus de la patiente), donc sans matériel implantable (prothèse)", indique le Pr Duquennoy-Martinot. "La patiente a ainsi sa reconstruction pour le restant de sa vie alors que les prothèses s'usent et qu'il faut donc les changer au bout de quelques années", explique-t-elle.
Cette technique du lambeau DIEP permet aussi de préserver la paroi abdominale, ce qui n'est pas le cas avec la technique TRAM (Transverse Rectus Abdominis Myocutaneous flap), ou lambeau musculo-cutané de grand droit de l'abdomen, qui correspond à la même technique avec prélèvement du muscle abdominal en plus. "Avec la technique du TRAM, la paroi abdominale est fragilisée, on doit placer une plaque de tissu comme pour traiter une éventration", explique le médecin. C'est enfin la seule technique qui suit les variations de poids : le sein grossit si la personne auto-greffée grossit et perd du volume si la personne maigrit.

LES INCONVÉNIENTS DE LA TECHNIQUE DIEP

Cette technique du lambeau DIEP n'est toutefois pas sans défauts. "Tout d'abord, le DIEP est une chirurgie lourde, l'opération dure 5 à 7 heures", indique le Pr Duquennoy-Martinot. "Ensuite, il y a des risques d'échec, de l'ordre de 2 à 4 %", poursuit-elle, avant de préciser qu'il s'agit d'"une chirurgie très exigeante, sans demi-mesure : ou cela fonctionne ou cela rate - si les vaisseaux du greffon se bouchent, la chair meurt". Outre l'échec lié au DIEP lui-même, il peut y avoir des complications anesthésiques, abdominales et celles liées à une chirurgie lourde. "Enfin, le sein ne retrouve pas sa sensibilité, comme c'est le cas avec toutes les techniques de reconstruction mammaire : les femmes retrouvent un volume, un sein, mais aucune sensibilité érogène", informe le Pr Duquennoy-Martinot.

Technique de reconstruction mammaire DIEP : qui peut en bénéficier?

"Beaucoup de femmes peuvent bénéficier du DIEP après une mastectomie, mais il y a cependant des contre-indications, comme les fumeuses au moment de l'intervention ou les femmes obèses", informe le médecin. "On ne peut pas réaliser cette technique chez des femmes dont les vaisseaux perforants au niveau du ventre ont été abimés à la suite de certaines opérations", indique-t-elle. "On pratique un angio-scanner pour s'assurer de la bonne qualité des perforantes", précise le médecin.
"Il faut bien sûr aussi un minimum de graisse au niveau abdominal", ajoute le Pr Duquennoy-Martinot. "Cette technique est plus difficile à réaliser chez les femmes qui n'ont pas eu d'enfants car chez elles, les vaisseaux perforants sont de plus petit diamètre, ce qui entraîne un risque d'échec plus important", précise la spécialiste. "Comme c'est une chirurgie lourde, il faut être en forme : s'il y a des contre-indications à une chirurgie lourde, à une anesthésie générale de longue durée, un autre procédé de reconstruction mammaire est préférable", informe le Pr Duquennoy-Martinot. Enfin, il existe des contre-indications d'ordre psychologique. "Il faut être prêt à assumer un risque d'échec, à accepter de passer de longues heures au bloc opératoire, de passer une semaine à l'hôpital et de repartir sans sein si cela échoue".

Technique DIEP : en pratique

La première étape est celle du prélèvement du lambeau pour donner un volume, auquel succède une hospitalisation de 8 à 10 jours. "Il y a une surveillance continue dans un secteur de réanimation la nuit qui suit l'opération ; si l'on s'aperçoit que le lambeau change de couleur, on envisage une reprise opératoire pour essayer de sauver le lambeau", explique le médecin. Après cette intervention, le temps de convalescence minimum est de 6 semaines. "Une deuxième intervention, parfois suivie d'une troisième, permet de remodeler le DIEP, de symétriser l'autre sein, de reconstruire l'aréole - effectuée avec une greffe de peau", indique le Pr Duquennoy-Martinot. Cette technique entraîne la présence de deux cicatrices : l'une transversale longue (semblable à celle consécutive à une abdominoplastie) et l'autre péri-ombilicale. "Ces cicatrices vont s'atténuer avec le temps, il faut 12 à 18 mois pour qu'elles soient matures", informe la chirurgienne. Et de prévenir : "C'est un parcours dur, lourd et il ne faut pas penser que cela va résoudre tous les problèmes de l'après-cancer".
Rares sont les endroits où cette technique est pratiquée. "La liste d'attente est donc longue, il faut faire preuve de patience si on souhaite en bénéficier", prévient-elle. Quant à la prise en charge financière par l'Assurance maladie, le Pr Duquennoy-Martinot précise que "jusqu'à présent, l'Assurance maladie n'a pas de code spécifique, mais ceci devrait être modifié prochainement". Il est probable que cela entraîne une augmentation de l'offre de la technique DIEP, "mais celle-ci restera cependant limitée car elle demande la mobilisation de deux chirurgiens, une équipe formée à la microchirurgie et un environnement adapté", précise le médecin.

vendredi 16 mai 2014

La reconstruction mammaire


reconstruction mammaire tunisie
reconstruction mammaire 
La reconstruction mammaire après un traitement contre le cancer du sein améliore considérablement le psychisme des femmes qui ont dû faire face à une ablation partielle ou totale de leur(s) sein(s). Elle permet ainsi de retrouver un corps qui leur plaît. Gros plan sur cette intervention.

Dans la majorité des traitements du cancer du sein, une opération chirurgicale est nécessaire. Il s’agira d’une mastectomie (ou mammectomie) ou d’une tumorectomie.

Qu’est ce que la mastectomie ? Intervention qui consiste en l’ablation totale du sein touché, pratiquée sur des tumeurs volumineuses.
Qu’est ce que la tumorectomie ? Intervention qui consiste en l’ablation de la tumeur tout en conservant la forme du sein, décidée quand la tumeur est petite.

Dès lors, il existe deux types de reconstruction mammaire: immédiate ou différée.

-La reconstruction mammaire immédiate : cette solution n’est envisageable que dans certains cas de figure et lorsque le traitement utilisé n’est que chirurgical. La mastectomie et la reconstruction mammaire seront alors réalisées en même temps.
-La reconstruction mammaire différée : si la mastectomie doit être couplée avec une chimiothérapie ou une radiothérapie, la reconstruction mammaire sera reportée à la fin du traitement proposé. Dans ce laps de temps, une prothèse ou une reconstruction grâce à ses propres tissus (peau, graisse, muscle du dos ou du ventre) seront proposées. La prothèse mammaire externe ainsi proposée est en gel de silicone. Cette prothèse permettra de conserver une belle silhouette.

La préparation 
La reconstruction mammaire suite à un cancer du sein doit être un projet élaboré entre le chirurgien et la patiente.
Le choix du type de reconstruction mammaire dépend de nombreux facteurs mais aussi de ce qu’il convient le mieux à la patiente.
Suite à ce choix :
- un bilan photographique sera réalisé afin de pouvoir suivre l’évolution de la reconstruction.
- un bilan préopératoire est réalisé
- 48h avant l’intervention, une consultation avec le médecin-anesthésiste sera programmée.
- 15 jours avant l’opération, aucun médicament contenant de l’aspirine ou un anti-inflammatoire ne devra être pris.

L’intervention
L’anesthésie est générale car elle peut concerner plusieurs zones du corps, zones de prélèvement et la zone à reconstruire : le(s) sein(s).
La durée de l’hospitalisation dépend de l’importance de l’opération. Le projet de reconstruction mammaire peut se faire en plusieurs étapes.

Les techniques de reconstruction mammaire 
De nombreuses techniques existent et varient selon le type de votre peau et son état (abimée ou pas, volume du sein à reconstruire etc.).
Il existe ainsi 3 types de reconstruction mammaire : la reconstruction par implant, reconstruction par lambeau et implant et reconstruction par tissus autologues (seule la peau de la patiente est utilisée, aucun implant n’est employé).

Les risques
Toute intervention chirurgicale comporte des risques (liés à l’anesthésie etc.), cependant il n’existe pas de risques majeurs si vous choisissez un chirurgien plasticien qualifié et compétent pour ce type d’intervention. Les risques seront ainsi limités, sans pour autant inexistants.
Le risque d’infection est prévenu par la prescription d’un traitement antibiotique préopératoire. En cas d’infection, la résolution du problème pourrait se faire en 10 jours.
Les complications graves restent rares.

Le résultat 
Le résultat d’une reconstruction mammaire sera meilleur chez les non-fumeuses. En effet, le tabac abimant la peau les tissus seront de moins bonne qualité.
Le résultat peut s’observer dès 1 mois après l’opération mais il faut près de 3 à 6 mois pour obtenir un résultat final satisfaisant, le temps que les œdèmes et les ecchymoses se résorbent.
Après l’opération
Un traitement est souvent nécessaire, la radiation ayant souvent altéré la qualité de la peau.

-Douleurs généralement modérées. Elles peuvent être plus localisées au niveau des zones de prélèvement.
-Gonflements/œdèmes possibles au niveau des zones de prélèvement et desseins dans les 48h après l’intervention. Ils disparaitront complètement en moyenne dans les 4 mois qui suivront l’opération.
-Des ecchymoses (bleus) sont également possibles suivant les toutes premières heures de l’opération. Il faudra 10 à 20 jours pour qu’ils se résorbent.
-Fatigue pendant 1 voire 2 semaines surtout si le prélèvement graisseux a dû être important.
- Pas d’exposition au soleil ni aux U.V. des zones opérées et ce pendant minimum 4 semaines.

Il faut prévoir un arrêt de travail compris entre 21 jours et 1 mois

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